En résonance avec une pratique d’atelier tournée vers le dehors (installation végétale, micro paysage, espace public,…) , j’ explore la condition de designer paysan. Considérant le design comme façon de faire monde avec la terre, je m’attache à concevoir les outils d’une intermédiation entre humains et non humains. Un intérêt particulier pour les sols et leur métabolisme m’amène à questionner leurs représentations dans une démarche de mise en perspective formelle et située.
DESIGNER-PAYSAN-CHERCHEUR ?
= FERME > EN CULTURE >> EN GRANGE
On pourrait faire un raccourci en s’imaginant que j’ai deux métiers un de designer et un d’agriculteur, mais ce n’est pas ça. Dans mon activité de designer-chercheur, il m’arrive effectivement de soigner des plantes, de construire des abris pour des animaux ou de nourrir des sols, comme pourrait le faire un cultivateur ou un éleveur mais mon expertise porte sur la conception de formes, d’objets et d’espaces.
Disons que pour moi paysan est plus un adjectif qu’un nom, une condition, une manière d’habiter le monde plutôt qu’un métier. Il existe probablement un design paysan de la même façon qu’il existe une agriculture paysanne dont la particularité est de
chercher à adapter des pratiques agroécologique à des lieux, des climats, des sols particulier,… plutôt que l’inverse.
Un designer paysan, si on transpose cette idée conçoit des objets situés, c’est à dire qu’ils tiennent compte un peu des même choses : Ils sont dessinés pour et à partir de lieux particuliers. Ils prennent en compte la cohabitation entre les espèces. Ils supposent de fait qu’il puissent être utilisés par des espèces différentes – pas seulement ou prioritairement humaine. Ils sont produits avec parcimonie à partir de ressources disponibles localement. Ils sont enfin conçus en conscience de leur devenir sol, parce c’est ce qu’il seront un jour.
